Tout n'est que ténèbres. Il tombe. Il tombe, et pourtant, jamais il ne heurte le sol. Il tombe, indéfiniment.
-"Namine?" Il l'appelle. Il ne sait pas pourquoi il s'adresse à elle, mais il le fait. "Namine… Qu'est-ce qui m'arrive?" Il est perdu. Il se raccroche à ce qu'il peut. -"Qui es-tu? Je ne suis pas Namine, mais Kairi" -"Kairi…"Un flash allume son esprit. Ce nom… Il le connaît. Il le connaît depuis très longtemps. "Je te connais. Tu es la fille qu'il aime." Il reconnaitrait cette voix entre mille. Il n'y a pas d'erreur possible. -"Qui? Ce nom, c'est quoi?" Elle ne se souvient pas. Pourquoi ne se souvient-elle pas? -"Je suis Roxas." -"Ok, Roxas. Mais lui, il s'appelle comment?" -"Tu ne te souviens pas de mon nom?" Une autre voix. D'où vient-elle? Il la connait "Eh ben, ça fait plaisir!" C'est lui. Il le sait. Il le sent. "Bon, d'accord, je vais te donnez un indice. Ca commence par un -S-" Tout est à nouveau noir. - - - - - - - - - - Ansem s'approcha de l'homme qui était assis sur le fauteuil au centre de la pièce, se demandant juste une seconde pourquoi, cette fois, il ne se trouvait pas devant son ordinateur. -"Pourquoi m'avoir fait venir?" Il se stoppa devant lui. -"Les blancs dans ton esprits commencent t'il à se dissiper?" Ansem hésite une seconde. Il a l'air curieux, ce n'est pas une attitude normale chez lui. Mais il hoche tout de même la tête. -"Oui… La brume commence à se lever." DiZ semble sourire derrière ses bandages. Visiblement, il a répondu comme il s'y attendait. -"La même chose arrive à tous ceux qui sont liés à Sora. Bientôt, il ne sera qu'un vieil ami partit depuis un an." Ansem hausse les épaules, et va s'asseoir à son tour dans le fauteuil situé en face de celui de DiZ, sa capuche noire cachant toujours son visage. -"Namine a presque fini de reconstituer la mémoire de Sora. D'ici deux jours au maximum, tout sera terminé." Continue t'il sans se soucier de son interlocuteur. Mais sa voix s'était fait plus froide, et Ansem su tout de suite de quoi il voulait lui parlait. Il serra son poing contre le siège où il était assis. -"Tu dois ramener Roxas. Sa présence est nécessaire au réveil du porteur de la Keyblade." Il le fixa de son regard jaune, tel un félin fixant sa proie. Il se crispe un peu plus. Il n'échouera pas deux fois. -"Je le ramènerais." -"Je compte sur toi." DiZ se lève, et s'apprête à prendre congés. Ansem l'imite à son tour après quelques secondes, bien déterminé à ne pas le décevoir une nouvelle fois. Cependant, même si c'est aussi une question d'égo, il le fait essentiellement pour lui… pour le revoir un jour, quand il aura vaincu cette part de ténèbres en lui… s'il arrive à vaincre ces ténèbres. Mais pour le moment, il en a besoin. Et peu importe ce que lui coute son prochain combat, il le ramènerai. - - - - - - - - - - Un rayon de soleil caressait doucement son visage alors qu'il émergeait doucement du sommeil, s'échappant des bras de Morphée pour se retrouver dans d'autre, beaucoup plus attirant et beaucoup plus chaleureux. Mais il n'y prêta pas attention, se redressant sur le lit en fixant le vide, laissant se bras sur son torse glisser lentement le long de sa peau avant d'atterrir avec un bruit sourd sur le matelas. Il a rêvé de Kairi… Pourquoi? Pourquoi avait-il pu parler avec elle? Pourquoi avoir pensé qu'il s'agissait de Namine… Ce n'était pas un rêve ordinaire. Il l'avait réellement vécu. Comment était-ce possible?… Et puis… Cette voix qu'il avait entendue, comme si elle venait du fon de sa propre conscience… Comme un lointain souvenir qui trouve une faille dans son esprit et qui avait brusquement surgi. La voix de Sora. Ce n'était pas qu'une simple coïncidence. Depuis le début. Plus Roxas réfléchissait, plus tous lui semblait s'assembler comme les pièces d'un puzzle. L'intervention de Riku, la réaction de l'Organisation, ces rêves, l'apparition soudaine de Namine… et maintenant, ça. Et la dernière pièce du puzzle… c'était lui. Lui et Sora. Bien que cela revienne au même après tout. Vu qu'il était Sora. Quelqu'un bougea à coté de lui, mais il n'y fit pas attention. Peu lui importait tout le reste. Il était Sora. Il n'était rien d'autre qu'un… simple double. Une main se posa sur son épaule, et enfin, il tourna la tête. Axel le fixait, d'un regard doux, un peu inquiet. Le sommeil se lisait encore un peu au fond de ses yeux. Comme étaient-ils revenus ici déjà? -"Comment te sens-tu?" Demande t'il d'une petite voix. Roxas le fixa un instant, le regard un peu vague. Devait-il out lui avouer. Devait-il tout lui dire, comme il s'apprêtait à le faire? Que s'était-il passé pour qu'il ne… -"Je crois que j'ai déjà connu mieux." Dit-il finalement en soupirant légèrement. Axel sourit tristement avant de détourner les yeux. Il savait que les choses allaient commencer à devenir sérieuse. Il a réfléchi à ce que Roxas lui a dit, avant de tomber de se toit en essayant de lui éviter cette attaque surprise. Et il se demandait encore comment il avait fait pour paraître si… naturel, alors qu'ils ne devait cesser de retourner mille et une pensées dans son esprit. Mais, il savait qu'ils allaient devoir mettre tout ça au clair, tous les deux. Pourquoi le blond ne lui avait rien dit auparavant, il n'en savait rien, même s'il se doutait qu'il avait eu besoin d'y réfléchir par lui-même. Après tout, si ses déductions l'avaient mené à la même conclusion que lui, ce qui semblait être le cas, il y avait de quoi être désorienté. Le blond replia ses genoux contre sa poitrine, les entourant de ses bras pour y poser sa tête, les yeux légèrement plissés par le soleil. Axel eut un rire ironique. -"Qu'y a-t-il?" -"Non… Ce n'est rien." C'est toujours quand les âmes semblent sombrer dans les ténèbres que le soleil brille du plus beau des éclats. C'est ce que se disait le roux en observant l'étoiles lumineuse au travers des carreaux poussiéreux. -"Axel…" Il tourna la tête vers lui. Observant au travers de la fenêtre, il semblait ailleurs, le regard lointain, à des lieux derrière ces haut buildings d'acier, tel un oiseau en cage aspirant à la liberté. A quoi pouvait-il bien pensé, à cet instant, avec une telle expression au fond des yeux? A attendre, on finit toujours par perdre sa chance de s'envoler. -"Je suis tombé, n'est-ce pas?" Il pencha la tête sur le coté, fermant les yeux, comme recherchant dans ses souvenirs. "Et tu n'as pas pu me rattraper." Axel fronça les sourcils. -"Mais de quoi parles-tu?" Roxas rouvrit les yeux, le fixant d'un air étrange." Tu es bien tombé de ce mur, mais j'ai réussi à rattraper ta main de justesse! Sinon tu ne serais peut-être plus là." Le blond écarquilla les yeux. Il se souvenait pourtant des doigts d'Axel frôler les siens avant que le vide ne les sépare. Il se souvenait cette sensation de chute avant qu'il ne ferme les yeux, et se laisse emporter par l'inconscience. . -"Pourtant, je…" Il n'y comprenait plus rien. Tout cela n'avait-il été qu'une illusion de plus? Ca lui avait semblé si réel, si vrai… Comment distinguer le rêve de la réalité? Peut-être que lui-même n'était qu'un simple rêve, fragile, éphémère… qui risque de se briser et de disparaître à chaque instant. -"Roxas…" Le blond tourna la tête vers lui, se rendant compte qu'Axel s'était rapproché de lui, s'asseyant également sur le rebord du lit. "Tu es là…" Il baissa la tête, observant le sol. "C'est le plus important, tu ne crois pas?" -"Je ne sais pas… Je ne sais plus." Avec lenteur, il leva sa main, le bras tendu, jusqu'au niveau de ses yeux. Ainsi, dans l'encadrement de la fenêtre, elle semblait resplendir d'un éclat… irréel. Roxas resta silencieux un long moment, observant ses doigts dans la lumière en jouant avec les ombres, comme s'il s'attendait à ce que sa main ne disparaisse sous ses yeux. -"Suis-je encore… en train de rêver?" Souffla t'il, plus pour lui-même que pour Axel ou qui que ce soit d'autre. Le roux le regardait, sans prononcer le moindre mot, laissant planer un lourd silence jusqu'à ce que… -"Aïe!" Roxas sursauta violement en agrippant son bras gauche, se redressant à moitié. Il lança un regard meurtrier au numéro VIII qui le fixait avec un petit sourire compatissant tandis qu'il se massait son bras douloureux à l'endroit où la peau avait légèrement rougi. -"Mais qu'est-ce qui te prends?!" S'exclama t'il alors que le roux semblait satisfait de son petit effet avant de parler à son tour, la voix étonnement basse et hésitante, clochant entièrement avec le sourire qu'il affichait. Roxas s'apprêtait à se relever, rejetant les quelques couvertures qui le recouvrait encore, mais fut stoppé par son compagnon. -"Maintenant, tu es sur que tu ne rêve pas." Roxas écarquilla les yeux,. Son bras cessa tout mouvements, et retomba avec mollesse le long de son corps. Ils se fixèrent un instant, alors que le blond essayait de percer les sous-entendus qu'impliquait de telles paroles. Il finit par éclater de rire. -"Idiot…" Axel sourit comme si c'était le plus beau compliment qu'il pouvait lui faire, avant de lui tendre une main que Roxas s'empressa de saisir. Il se retrouva bien vite dans les bras du roux, ses bras entourant son torse, son menton posé sur le haut de son crâne. Ils restèrent silencieux encore un long moment, un mince sourire collés sur leurs lèvres, profitant au maximum de cet instant qui s'offrait à eux tout en sachant qu'il ne durerait pas éternellement. Après tout, le bonheur n'existe que dans la fugacité. Roxas bascula sa tête en arrière, la posant sur l'épaule d'Axel, observant le plafond parfaitement blanc. Il n'avait même pas remarqué qu'ils se trouvaient dans la chambre du numéro VIII. Il laissa échapper un léger soupir de contentement alors qu'il venait se blottir un peu plus lui, les bras autour de sa taille l'enserrant un peu plus fort, mais toujours avec autant de tendresse et d'attention. Peut importait que ce ne soit qu'une rêve ou pas. Seul comptait le fait qu'ils soient là, dans cette chaleur familière et qui lui était si agréable. Juste ensemble. Mais parfois, les sentiments, ou sensations de sentiments, dans leur cas, pensa amèrement Roxas, ne suffisaient pas à faire cesser la logique et la quête de réponses. Parce que l'être humain, ou même un substitut de ce dernier ne peut s'empêcher de vouloir savoir, et de vouloir se connaître. Et Roxas fut bientôt rattraper par toutes ces questions, l'emmenant loin des bras de celui qu'il aimait, l'emmenant loin de ce monde de chaleur et de soleil. -"Roxas…" Le blond soupira, sortant de sa torpeur momentanée. Ils n'auraient pas pu rester ainsi éternellement. "Tu as dit… Que tu avais vu Sora?" Il hocha la tête, et se redressa un peu sur le lit, se défaisant de l'étreinte d'Axel. Il ne cessait de fixer la fenêtre. -"Oui." Il se tut un instant, et Axel respecta son silence. Il n'avait pas vraiment envie de savoir, tout compte fait. Parce qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où tout ceci allait les mener, et que l'inconnu a toujours effrayé les hommes. Pour cette raison, mais aussi… -"Dans mes rêves. J'ai vu tous ses souvenirs, tous ses actes." Axel fronça un sourcil. -"En rêve?" -"Depuis quelques jours, toutes les nuits. Je ne comprenais pas, au début." Il rit légèrement, un rire ironique, cynique. "J'ai été stupide. Même Namine a tenté de me faire comprendre." -"Namine…" Le roux ne comprenait ce que cherchait cette fille. La dernière fois qu'il l'avait vu, elle s'échappait du château, avec pour objectif de reconstruire la mémoire de Sora… Il n'avait aucune idée de ce qu'elle était devenue par la suite, alors quel rapport avec… Une étincelle s'alluma dans son esprit, et il écarquilla les yeux. C'était peut-être… -"Tu n'as pas l'air surpris." Le numéro VIII releva la tête, croisant le regard de son compagnon. C'est vrai qu'en comparaison de sa réaction face à Xenmas lorsqu'il lui avait appris, il y avait de quoi être surpris. -"Xenmas me l'a révélé. Avant que nous ne partions en mission. Et… il…" Axel se tut. Devait-il lui dire? Devait-il lui avouer que Xenmas voulait le faire éliminer avant que la situation ne devienne encore plus complexe et risquée? -"Il?" Axel le fixa, le regard perdu dans ces prunelles couleur océan. Il n'avait pas le courage de lui avouer. Lui dire ou ne rien faire. Dans les deux cas il l'avait l'impression, en un sens, de trahir sa confiance. Il finit par baisser la tête. -"Non, ce n'est rien. Il m'a juste demander si tu m'avais parlé de quelque chose à ce sujet. Je lui ai dit que non." Roxas haussa les épaules, lui faisant confiance. Peut-être aurait-il du se demander pourquoi il ne cessait d'éviter son regard. -"Elle disait que l'Organisation l'avait forcé à effacer la mémoire de Sora." -"Ouais… Je ne sais pas trop." Le blond parut intrigué par la réponse quelque peu évasive de son compagnon. "Elle était… spéciale. Elle ne savait rien, aussi bien sur elle-même que sur le pouvoir qu'elle avait. Marluxia lui a fait croire qu'elle œuvrait pour le "bien", alors, elle obéissait docilement. Seulement, au fur et à mesure que le porteur de la Keyblade avançait dans le manoir, plus elle s'interrogeait sur le bienfondé de ses actes. Puis, elle a finit par s'échapper." Il réfléchit une petite seconde avant de finir sa phrase. "C'est sans doute un peu triste, quand on y pense. Je ne sais pas." Roxas hocha de nouveau la tête. La compassion… C'était peut-être ça qu'il aurait du ressentir après cette courte histoire. Cependant, dans son cœur, il n'y avait qu'indifférence. A croire que la seule chose dont les similis étaient capables de se soucier étaient eux-mêmes. -"Elle m'a dit que nous étions pareils. Peut-être n'avait-elle pas si tort." Deux esprits perdus, manipulés pour une seule et même cause. Deux êtres dont l'existence était entouré de ce voile opaque, auréolée de mystères et de secrets. Naminé a été utilisé pour son pouvoir, et lui-même pour… la Keyblade. Ces deux choses qui faisaient d'eux des similis spéciaux, tant aux yeux de l'Organisation qu'à ceux du monde extérieur. -"C'est ce que tu penses?" Le blond en venait à se demander ce qui les différenciaient, au final. Leur apparence, leur nom… Quelle importance? -"D'une certaine manière." Mais malgré tout, quelque chose le gênait dans cette façon de penser. Il avait beau se le répéter des dizaines et des dizaines de fois, il n'arrivait pas à s'en persuader, cet arrière goût de gêne omniprésent l'en empêchait. Une gêne, dans un coin de son esprit, comme une petite voix, toute petite, inaudible, qui cherche à lui faire ressurgir un souvenir oublié depuis longtemps. Roxas releva les yeux, croisant ceux émeraude du roux, et se perdit dans leur douceur, leur beauté, s'y plongeant comme si toutes les réponses s'y trouvaient. Le silence s'installa de nouveau, et aucun d'eux ne détourna le regard. Axel le fixait, lui aussi, mitigé quant à la conduite à tenir. Il se sentirait bien incapable de briser ce silence pesant, ayant l'impression que chaque mot, chaque paroles ne feraient qu'empirer les choses, et l'éloigner un peu plus de lui… Mais restait-il quelques chose à rattraper lorsque l'oiseau commence à passer entre les barreaux de sa cage dorée? Il avait réussi à le retenir une première fois, mais l'appel des cieux se fait toujours plus fort. -"Axel…" Ils ne cillèrent pas un seul instant. "J'aurais sans doute du t'en parler plus tôt…" -"C'était ton choix." Roxas sourit maladroitement. Ses choix n'étaient pas toujours les meilleurs, loin de là. Et maintenant, il avait l'impression que s'il en avait parlé avec Axel, cela lui aurait clarifier les choses bien plus qu'il n'avait pu le penser. Ou au moins, de les extérioriser, plutôt que de les retourner mille et une fois dans sa tête. -"J'ai voulu te le dire… à Agrabah. Seulement…" Le roux hocha la tête. Ils savaient tous les deux très bien ce qu'il s'étaient passé… Enfin, plus ou moins. Le numéro XIII ferma les yeux, prenant une grande inspiration. Il avait lui-même encore du mal à croire ce qu'il s'apprêtait à dire. -"Je suis Sora." Il ne le quitta pas du regard. "Le simili de Sora." Axel baissa la tête, rompant le contact visuel, sans dire un mot. Aucune exclamation de surprise, aucune demande d'explication, comme Roxas s'y était pourtant attendu. Non rien. Juste un grand silence un peu gêné. Un silence que le blond ne comprenait pas. Il aurait pourtant du être surpris, au moins autant que lui l'avait été, le matin où il s'était réveillé, qu'il avait pu enfin rassembler toutes les pièces du puzzle. Mais rien, pas même un haussement de sourcil. Juste ce regard fuyant. Et Roxas le regardait, atterré, sans voix. Il ne pouvait être que surpris… cela aurait voulu dire que… -"Tu savais…" Murmura soudainement Roxas, réalisant brutalement l'origine du mutisme de son compagnon. Et Axel fixait le sol, n'osait pas relever la tête et effronté le regard de Roxas. "Tu savais…" Répéta t'il lentement, sa surprise, son effarement se transforment peu à peu en colère froide. -"Roxas…" Les yeux toujours baissés, sa voix s'était faite presque suppliante, chose presque… effrayante chez lui. Mais cela ne fit qu'amplifier le ressentiment du blond qui s'écarta d'un mouvement vif. -"Pourquoi tu ne m'as rien dit?!" Plus que ce sentiment de colère, cette sensation si désagréable de trahison qui pulsait douloureusement au fond de sa poitrine et qui s'emparait de lui, petit à petit, secondes après secondes. "Tu m'avais dit que tu m'aiderai…" Et sa voix se faisait plus faible, distante… plus froide, alors que la douleur en venait à remplacer la colère. Il recula d'un pas en direction de la porte. -"Je te faisais confiance… Mais je…" Pourquoi Roxas avait-il aussi mal? Il n'avait pas de cœur, pourtant, il ne devrait pas souffrir ainsi… Alors pourquoi… Le blond lui tourna le dos, prêt à partir, prêt à l'abandonner comme lui venait de le faire. -"Attends!…" Axel le retint par la manche, l'empêchant de s'en aller. Roxas se stoppa, mais ne se retourna pas. "Laisse moi t'expliquer…" -"Nous n'avons plus rien à nous dire." Tranche t'il d'une voix froide. Il tenta de dégager son bras, mais le roux ne le lâcha pas. -"S'il te plaît…" Roxas ne put s'empêcher de se retourner. Axel avait relevé la tête, l'observant avec un air de profond regret, le regard hésitant. Le blond remarqua que la main qui tenait sa manche tremblait légèrement, elle aussi. Il savait que s'il insistait pour partir, Axel le laisserai faire et ne le forcerai pas à rester. Il aurait pu. Un part de lui mourait d'envie de le faire. De lui faire comprendre ce qu'il ressentait. Œil pour œil, dent pour dent, pas vrai? Mais il ne put se résoudre à l'abandonner ainsi, alors qu'il se montrait pour la première fois si… vulnérable, en un sens. Et puis, il ne pouvait oublier sur un coup de tête tout ce qu'ils avaient vécus ensemble. Alors il se contenta de soupirer et de s'adosser au mur en face de lui. Axel ne put cacher son soulagement. -"Alors?" Cette fois, ce fut le numéro VIII qui prit une inspiration avant de prendre la parole. -"Je… Je n'avais pas le certitude de ce que je pensais. Je ne voulais pas semer le trouble, même si j'avais quelques doutes…" -"Comment as-tu su?" -"La première fois que j'ai vu Sora, au Manoir Oblivion, ton image s'est immédiatement superposé à la sienne. Je ne savais pas pourquoi, et j'ai pensé que c'était du au fait qu'il portait également la Keyblade. Cette impression m'est resté un long moment…" Le regard de Roxas se voila une petite seconde et Axel arrêta de parler. -"Je ne suis qu'un… simple double…" Murmura t'il en baissant la tête. Le roux se releva lentement, venant se placer à coté de lui. Il hésita une seconde avant de finalement lever la main et de lui relever doucement le visage. -"Ce n'est pas ce que je voulais dire." Roxas dégagea sa tête. -"Mais c'est la vérité." -"Aux yeux de l'Organisation, oui." Le blond baissa la tête. Enfoncé le couteau dans la plaie était-il son unique moyen pour s'expliquer? Il n'avait pas l'air de se rendre compte. "Ils ne voient que Sora à travers toi, et c'est pour cette raison qu'ils te surveillent aussi attentivement. Toutes ces missions que tu effectuais, dans l'unique but de détruire toujours plus de sans-cœur. C'est aussi ce qui m'a fait réfléchir." -"Ca suffit…" Il en avait suffisamment entendu. Il n'aurait pas du rester. -"Mais même après tout ce temps… Je continue à penser que tu n'es pas comme lui." -"Hein?" Roxas releva la tête. Axel lui sourit. Avait-il bien entendu? -"Tu n'es pas Sora. Peut importe combien tu pourras lui ressembler… Je ne t'ai jamais considéré comme une vulgaire copie… Tu es juste… Roxas." Le numéro XIII resta sans voix. Pourquoi réussissait-il à dire si facilement les mots qu'il attendait? Ca semblait tellement simple avec lui. Simili ou non… L'avait t'il réellement considéré comme une personne à part entière? Comme si tout pouvait se résoudre en un claquement de doigt. Toute sa colère s'était évanouie, d'un coup, à ces simples paroles. Lui disait-il seulement ce qu'il voulait entendre. Roxas aurait voulu se persuader que non… -"Tu aurais du m'en parler…" Souffla t'il quand même, incapable d'oublier cette sensation si poignante qui s'était emparé de lui. -"Je te l'ai dit. Ce n'était que des suppositions… Je ne voulais pas t'embrouiller… Et puis…" Il se tut, la fin de sa phrase se perdant dans un murmure inaudible. Un bras hésitant entoura la taille fine du blond qui se retourna vers lui. -"Et?" Insista le blond, repoussant d'un geste les mèches rouges qui tombaient devant ses yeux. Un autre sentiment battait dans sa poitrine. Beaucoup plus doux, beaucoup plus chaud. -"J'avais… peur de te perdre… une nouvelle fois." Axel le serra contre lui, cachant son visage dans sa chevelure blonde. Et Roxas ne out s'empêcher de sourire tendrement en le prenant à son tour dans ses bras. Il était comme lui, après tout. Tout aussi désorienté, perdu, voir même un peu plus et ne sachant pas comment agir pour faire avancer les choses dans le bon sens. Peut-être auraient-ils du se faire juste un peu plus confiance. -"Ax…" -"Je ne suis qu'un égoïste…" Et mentalement, Roxas ne pout s'empêcher de rire. Si Axel avait été égoïste, qu'était-il, lui? Depuis le début, il prenait des décisions seul, sans prendre la peine de réfléchir une seule seconde à ce que le roux pourrait ressentir, en se disant qu'il ne comptait as pour lui… Un beau moyen de se voiler la face. Mais même en sachant ça, il continuerait jusqu'au bout. Il ne pouvait plus faire marche arrière. -"Je ne peux pas rester." Il ferma les yeux, et sentit Axel soupirer dans ses cheveux. -"Je sais…" Ils se turent, immobile, l'un contre l'autre, laissant passer les grains de sable du temps. Et longtemps après que le soleil se fut enfui derrière un nuage sombre, longtemps après que la pluie ne se soit mise à tomber ardemment sur les bâtiments de bêton, ils étaient toujours là, enlacés, silencieux. Et tous les deux se disaient, au fond de leur esprit, avec un mélange de tristesse, de douleur, d'appréhension… Que c'était un de leur derniers moments ensemble…
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