Seas's Grief

   Les cordes de la cithare grincent doucement. Seul, assis sur son lit, la pièce raisonnant de sa douce musique. Devant lui, quelques gouttes d'eau dansent au son de l'instrument, comme pour essayer de le distraire, ne serait-ce qu'une seconde.

   Il n'y a que lorsqu'il est seul qu'il peut se laisser aller ainsi. Les missions ne sont que des temps mort que lui offre inconscient le leader de l'Organisation. Peut-être a-t-il perdu l'envie de combattre. Il ne sait pas. Il ne sait plus depuis qu'il n'est plus là.

   Le manoir Oblivion a été détruit, et tout ceux assignés à cette mission aussi. Lui aussi. Pourtant, c'est comme s'il était encore là. Les quelques livres trainant dans sa chambre, le puzzle inachevée sur la grande table blanche. Jamais il ne se finira. Il est là, simplement là, les pièces éparpillé comme ces milliers de mondes, ces milliers de cœurs.

   Le musicien entame une nouvelle mélodie. Les gouttes d'eau tombent, sans doute lassées de le voir aussi... effondré ?

   Seul un aura survécu.

   Une fausse note. Il rouvre les yeux et fixe la fenêtre. Le soleil brille. Il respire calmement, lentement avant que ses doigts ne parcourent à nouveau les cours.

   Il est un peu en colère, au fond. Jaloux, s'il peut l'être. Même s'il n'a rien contre le numéro VIII. Mais il trouve cela injuste. Aurait-il pu faire quelque chose si Xemnas l'avait envoyé là-bas ? Ou aurait-il disparu à jamais lui aussi ?

   La dernière note raisonne. Quelqu'un frappe contre la porte. Bien évidemment, il sait. Un sourire amer se dessine sur son visage alors qu'il reconstitue lentement son masque. Axel entre dans la chambre, lentement. Il est le seul à s'en être rendu compte. De ce vide. Pourquoi lui, c'est toujours demander le numéro IX. Pourquoi lui.

   « Je te dérange ? »

   Demyx ne peut s'en empêcher. Il serre sa cithare, fort. Les cordes rentrent dans sa peau alors que le sang coule sur le sol. Il ne peut s'empêcher de le détester.

   « Oui. »

   Alors le roux murmure une vague excuse et s'en repart. Il ne se lasse pas d'essayer. Le blond se lève et pars, à son tour. Il a besoin de prendre l'air. D'échapper à ses souvenirs. Il va devoir s'habituer. A ne plus avoir de cœur.

   Les gouttes n'ont pas fini de danser au son de sa triste cithare.

 

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Dernière mise à jour de cette page le 02/10/2008

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